spinner

Aide d'urgence en itinérance : Val-d’Or dénonce une réponse nettement insuffisante

Val-d’Or, le 6 novembre 2026 – Le maire de Val-d’Or, Serge Allard, exprime son indignation devant l’enveloppe de 294 000 $ accordée à l’ensemble de l’Abitibi-Témiscamingue dans le cadre de l’aide d’urgence de 28 millions de dollars annoncée par Québec en itinérance.

Après avoir réclamé sa juste part de cette aide, le 27 octobre dernier, la Ville constate que l’ensemble de la région recevra à peine plus de 1 % de l’enveloppe québécoise, selon les informations rapportées par Radio-Canada Abitibi-Témiscamingue.

Elle accueille favorablement cette aide, qui devrait permettre à La Piaule de Val-d’Or d’ajouter 10 places d’hébergement et de prolonger les heures d’ouverture de son centre de jour. La Ville juge toutefois que les sommes consenties demeurent nettement insuffisantes et ne reconnaissent pas l’ampleur de la crise vécue sur son territoire.

« Nous sommes heureux que La Piaule puisse réaliser ses projets. Son équipe accomplit un travail colossal et essentiel. Chaque somme reçue compte. Mais le nouveau gouvernement a fait de la lutte à l’itinérance une priorité et nous nous attendons à ce que ses décisions en témoignent aussi dans notre région. Pour toute l’Abitibi-Témiscamingue, 294 000 $, c’est bien peu devant l’ampleur des besoins. Ce premier geste ne me rassure pas sur la place accordée à notre réalité dans les priorités gouvernementales », affirme le maire de Val-d’Or, Serge Allard.

Une réalité que Québec ne peut plus sous-estimer

Rappelons que selon le dernier portrait actualisé par le comité Alliage – Action itinérance Val-d’Or, le taux estimé de personnes en situation d’itinérance visible atteint 242 personnes par 100 000 habitants à Val-d’Or. À titre de comparaison, celui de la région de Montréal s’établit à 230 selon les résultats du dénombrement québécois de 2025.

Ces données témoignent d’une pression considérable sur les ressources d’une ville d’environ 33 000 habitants qui joue également un rôle de pôle régional de services. Pour la Ville, la réponse gouvernementale doit reconnaître cette concentration des besoins et les moyens limités dont disposent les organismes pour y faire face.

Des engagements qui doivent aussi se concrétiser chez nous

Alors qu’Ottawa annonce, dans son budget fédéral déposé hier, vouloir mettre fin à l’itinérance au cours des dix prochaines années et que Québec prévoit un sommet sur cette question en 2027, la Ville demande que les futurs engagements se traduisent par des investissements qui tiennent réellement compte des réalités régionales.

Elle réclame un soutien financier accru et durable pour assurer la continuité des services, renforcer l’accès au logement et offrir aux personnes un accompagnement à long terme.

« L’Abitibi-Témiscamingue contribue à la richesse du Québec. Il est difficilement acceptable que notre région doive constamment insister pour obtenir les moyens de répondre à des besoins aussi fondamentaux. Alors qu’Ottawa prévoit financer des infrastructures et confier aux provinces le financement des activités courantes et des services de soutien, nous nous attendons à ce que Québec assume pleinement sa part de responsabilité. Nous espérons qu’il fournira les ressources adéquates, notamment en santé et en services sociaux, pour que les investissements fédéraux se traduisent chez nous par des solutions durables et un véritable accompagnement des personnes », conclut Serge Allard.